La peinture contemporaine du désert Central

Adrian Young Tjupurrula,100x77cm, coll.part.

Adrian Young Tjupurrula,100x77cm, coll.part.

La peinture contemporaine du désert Central est un mouvement artistique qui témoigne de l’histoire passée des natifs d’Australie et de l’importance que continuent à avoir leur culture et leur tradition. Encore aujourd’hui il est toujours difficile de dissocier leur lieu d’habitation de leur production picturale. Le désert central d’Australie se situe au nord d’Alice Spring, dans un environnement qui compte une faune et une flaure très diverses où une multitudes de paysages se côtoient. C’est un art qui perpétue le temps du rêve : le tjukurrpa

Lorsqu’en juillet 1971 Geoffrey Bardon, professeur de dessin, encourage plusieurs hommes à peindre sur les murs blanchis à la chaux d’une école, sa proposition suscite un engouement tel, que plusieurs d’entre eux se mirent à peindre ce qui sera ensuite connu sous le nom de la Peinture de la fourmi à Miel. Et en 1972, une première communauté de peintres, dit de Papunya Tula fut fondée. Ce nom de Papunya vient de l’appellation donnée à un lieu situé à une centaine de kilomètres au nord d’Alice Spring. Ce petit groupe qui se forma sous la directive de  Mick Tjakamarra Wallangkarri et Tom Onion Tjapangati, comprenait alors : Kaapa, Billy Stockman, et Long Jack (mais aussi plus tard, Johnny Waragkula Tjupurrula et Don Ellis Tjapanangka).

Joseph West Tjupurrula, Sans titre, 2008, 107 x 91 cm, Acrylique sur lin © www.papunyatula.com

Joseph West Tjupurrula, Sans titre, 2008, 107 x 91 cm, Acrylique sur lin © http://www.papunyatula.com

Avant l’arrivée de Geoffroy Bardon, des artistes comme Kaapa Tjampitjinpa travaillèrent à des expérimentations esthétiques. Et selon leur communautés d’origines, les artistes avaient des coloris, des formes, et des travaux propres qu’ils revendiquaient. C’est cette génération post-Bardon qui va orienté les nouveaux artistes de Papunya Tula. En effet Kaapa Tjampitjinpa recevra en 1971 le premier prix du Caltex Art Award pour son oeuvre intitulée  » Men’s ceremony for the Kangaroo, Gulgardi ». Elle associait plusieurs perspectives durant une cérémonie et était adaptée à la vision d’un occidentale. Cette remise de prix, incita les artiste de Papunya à transcrire plusieurs de leur motifs ancestraux sur des panneaux en bois ou des murs. Leurs oeuvres évoquent une dynamique particulière, celle de la lumière, de l’obscurité, du milieu botanique, de la fumée, ou encore du feu (qui y tient une grande place)

Si à l’origine le mouvement ne couvre que les environs de Papunya, le mode de vie nomade de ses protagonistes promeut l’extension du courant, et se retrouve aujourd’hui dans une fraction de plusieurs centaines de kilomètres vers l’Ouest australien.

Charlie, Tjapangati, 130x95

Charlie, Tjapangati, sans titre, 130×95, huile sur toile, coll. part.

Mélange entre héritage culturel et rites ancestraux la peinture de ces artiste est à  la fois au croisement de leur histoire aborigène qui se perpétue depuis des années et de l’époque dans laquelle ils vivent, une époque contemporaine. Leur art, souvent appelé Art du Rêve est Inspiré des pratiques ancestrales de l’emploi d’éléments terrestres, provenant de la Nature (comme le sable) et de la peinture corporelle. Néanmoins il souligne la dimension profane de ces travaux en retirant tout signe sacré et en utilisant avec précaution les motifs ancestraux.

Le temps du rêve dans la peinture aborigène, est depuis toujours fondamental et sacré, et il est très présent dans la peinture de Papunya Tula, qui voit dans le rêve toute une mythologie culturelle qui est propre aux aborigènes d’Australie.

B.de Sèze

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