L’art du rêve, un échappatoir à la colonisation selon Jenny Fraser

©Jenny Fraser, détail d'installation, Outblack, installation, 2006

©Jenny Fraser, détail d’installation, Outblack, installation, 2006

L’art du rêve, pratique traditionnelle dans l’Art Aborigène d’Australie est aujourd’hui toujours perpétué au sein des tribus aborigènes.  Ces débouchés contemporains,  Jenny Fraser nous en parle dans sa thèse « The Digital Dreamtime : a Shining Light in the Culture War » publié en 2012.

Jenny Fraser est née en 1971 dans le  Nord du Queensland à Mareeba, bien que sa famille soit originaire de la région de Yugambeh (plus précisément de la ville de Gold Coast, sur les côtes du sud-est du Queensland).

C’est une artiste Murri, diplômée d’un Master obtenu à la Southern Cross University (SCU) et est actuellement en train de terminer un doctorat au Batchelor Institute of Indigenous Tertiary Education. Débutant sa carrière d’artiste dans les années 1980, son oeuvre et les nombreux statuts qui lui sont attribués (artiste peintre, artiste vidéaste, ou encore artiste numérique) lui ont valu plusieurs récompenses notamment en 2007 au Imagine Native Film Festival de Toronto, ou en 2012 pour son projet « Midden » par le Creative Australian Council Fellowship.

Plutôt qu’un véritable exposé sur l’art du rêve, Jenny Fraser nous parle véritablement d’un soucis contre lequel les artistes aborigènes buttent dans la société australienne. Elle dénonce une injustice faite envers les artistes dit « natifs »  et la violence que peuvent leur témoigner certains artistes non aborigènes. Mais cela n’est pas propre à la société australienne, ni même à sa scène artistique, Jenny Fraser nous explique qu’à échelle internationale de telles injustice se retrouvent sur le marché de l’Art. Puisqu’encore aujourd’hui dans les mentalités, subsiste une sorte d’idée selon laquelle l’artiste blanc serait plus légitime, instaurant ainsi la suprématie occidentale au niveau des ventes, mais aussi de la diffusion des travaux d’artistes de couleur en général, et aborigènes en particulier.

© Jenny Fraser, détail d'installation, Indian Cowboys / Cowboy Indians, installation vidéo, 2009

© Jenny Fraser, détail d’installation, Indian Cowboys / Cowboy Indians, installation vidéo, 2009

Et si la révolution numérique, offrant de nombreuses possibilités dans le champ des arts, aurait aussi facilité la diffusion visuelle de leur travaux et aidé à faire partager leur oeuvre (les sites des galeries, des musées, ou encore d’experts permettant ainsi un accès plus facile)  longtemps ces moyens n’ont pas été mis à disposition de ces artistes, invoquant la raison première du budget et du manque de financement. Elle explique par cela le manque de représentations lors d’évènements et d’expositions artistique d’artistes aborigènes, notamment dans le domaine de l’art des nouveaux médias en Australie (Australian New Media Arts : définis par et sur le site du gouvernement australien).

B.de Sèze

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