Le marché de l’art aborigène

Ce sont les arts plastiques qui nous ont permis d’accéder plus facilement à la culture indigène. Mais « jusqu’à la fin des années 1960, seuls quelques collectionneurs et des musées ethnographiques s’intéressaient aux peintures sur écorce aborigènes, classés dans la catégorie des « arts primitifs », plutôt que dans celle des « beaux arts ». » nous apprennent Stephen Muecke et Adam Shoemaker auteurs des Aborigènes d’Australie, ouvrage qu’il est possible de feuilleter sur l’un des sites de l’édition Gallimard.

Depuis ces trois dernières décennies les autorités australiennes ont favorisé la diffusion de la culture aborigène et de leurs oeuvres que ce soit dans le domaine de la littérature, de la photographie, du cinéma, du théâtre, de la danse, de la musique et de la peinture (des acryliques, des batiks : peintures à la cire sur des tissus, des peintures urbaines contemporaines, des sculptures, des peintures sur écorce). Dans Aborigènes d’Australie, il est également dit que « ces oeuvres, qui ont très vite bénéficié d’une audience internationale, portent une forte charge politique et sont indissociables du combat que mènent les Aborigènes pour la reconnaissance de leur culture et de leurs droits. » Certaines oeuvres mettent l’accent sur les terribles injustices subies au court de ces deux derniers siècles et soulèvent les questions de la dépossession de leur terrtoire, des pratiques culturelles, de la culture aborigène moderne et la place de l’artiste dans une société postcoloniale.

L’art aborigène représente un marché de plus de 50 millions de dollars par an mais cela peut varier selon les années. En effet, suite à la crise financière mondiale la somme récoltée lors de ventes aux enchères est passée de 26,4 millions de dollars en 2007 à 8,1 millions de dollars en 2011. Il est possible de voir d’autres données sur ce site qui porte sur le marché de l’art australien et nouveau zélandais. Il présente les prochaines enchères et celles qui ont eu lieu à partir de 1969, les statistiques sur le marché et les artistes. L’art aborigène est désormais présent dans les collections des musées du monde entier, je vous conseille de consulter cet article du blogspot de Bertrand qui parle d’expositions permanentes et temporaires qui ont eu lieu en Europe. Leur art est présent lors de grandes ventes aux enchères mondiales et est également diffusé dans de très nombreuses galeries. Voici le site de l’Australian Comercial Galleries Association qui répertorie des galeries australiennes.

La plupart des communautés ont mis en place des coopératives, on en compte aujourd’hui environ 60. Ce sont des « centres d’art » dans lesquels les Aborigènes peuvent créer. C’est Geoffrey Bardon qui a pris l’initiative d’y placer un coordinateur qui doit suivre et conseiller les artistes, leur fournir le matériel dont ils ont besoin et vendre les oeuvres qu’ils produisent. Ces coopératives sont très importantes pour les communautés, c’est d’un lieu de « contact entre membres de la communauté où tout le monde peut venir peindre, mais également avec le monde « extérieur » et la mondialisation.» indique le dossier sur les créations contemporaines aborigènes du Musée des Confluences.

En effet, les artistes sont parfois victimes d’abus de la part des marchands d’art ce qui explique la création par les autorités australiennes d’un code de conduite éthique, l’indigenous art code afin de garantir un commerce équitable.

Et si vous souhaitez acheter une oeuvre aborigène, sachez qu’une oeuvre doit être accompagnée d’un certificat mentionnant le nom de l’artiste. Les oeuvres aborigènes ne sont pas signées. Elles appartiennent en effet, à toute la communauté. Cela a posé un problème quant à la reconnaissance de l’individualité des artistes. Stephan Jacob nous apprend dans son article sur l’art aborigène d’Australie qu’« elle a été reconnue très lentement en Occident, notamment grâce à l’artiste et anthropologue Karel Kupka, qui a réuni la collection de peintures sur écorce de Terre d’Arnhem du musée des Arts d’Afrique et d’Océanie de Paris. » Le certificat doit également contenir le groupe linguistique et la communauté de l’artiste, le titre de l’oeuvre ainsi que les conditions de réalisation.

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